Les migrants africains frappés par une nouvelle taxe en Israël

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FILE PHOTO: REUTERS/Nir Elias/File Photo

-Les migrants et demandeurs d’asile africains en Israël devront payer une nouvelle taxe

Il y a neuf ans, Teklit Michael a fui l’Erythrée pour Israël afin d’éviter la conscription militaire.

Le jeune homme a survécu à un voyage périlleux dans la péninsule du Sinaï et a demandé l’asile en Israël.

Michael âgé de 29 ans travaille maintenant comme cuisinier dans un restaurant du Sud de Tel Aviv.

Seul, sans famille et dans les limbes juridiques, attendant une réponse à sa demande d’asile.

Depuis mai, la vie de Michael a fait face à un autre défi avec de nouvelles règles fiscales.

Son employeur se voit forcer à placer une partie de son salaire dans un fond auquel il ne peut accéder que s’il sort d’Israël.

La nouvelle législation, s’applique uniquement aux migrants africains et demandeurs d’asile, est clair.

« Ils veulent que nous quittions le pays », a déclaré Michael.

Il a quitté sa patrie plutôt que de servir dans une armée accusée de traiter les conscrits brutalement et de les forcer à servir indéfiniment.

Le ministère de l’Intérieur affirme que les nouvelles règles sont destinées à bénéficier aux migrants et aux demandeurs d’asile.

« Il fournit une somme d’argent que la personne aura quand il partira », a déclaré Sabine Haddad, porte-parole du ministère de l’immigration et de l’autorité frontalière.

Depuis sa création en 1948, Israël a été un refuge pour les juifs fuyant la persécution.

Mais depuis près d’une décennie, il a lutté pour faire face à des dizaines de milliers d’Africains non juifs qui sont entrés illégalement dans le pays, demandant l’asile ou le travail.

Ainsi, Israël a accordé l’asile à moins de 1 pourcent de ceux qui ont postulés.

Les employeurs doivent déduire 20 pourcent des salaires des employés africains qui sont entrés illégalement en Israël.

La somme est ensuite déposée dans un fond, à côté d’une taxe payée par l’employeur de 16 pourcent.

Cette taxe demeure jusqu’à ce que le travailleur quitte Israël.

Le gouvernement dit qu’il faudra plusieurs mois pour connaître l’impact total.

Par ailleurs, une organisation non gouvernementale israélienne, conteste la loi dans la Haute Cour d’Israël.

« C’est un plan très calculé pour s’assurer que les gens comprennent qu’ils ne sont pas les bienvenus », a déclaré Ruvi Ziegler, professeur agrégé en droit international des réfugiés à l’Université de Reading et chercheur au Israel Democracy Institute.

Le Premier Ministre Benjamin Netanyahu a qualifié la présence des migrants d’une menace pour le tissu social et l’identité juive d’Israël et certains partisans l’ont qualifié de « cancer ».

Quelques Africains ont été battus par des jeunes israéliens, et un Darfuri a été tué dans un assaut l’année dernière.

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