Capturé enfant par des esclavagistes Arabes soudanais, William Mawwin raconte son histoire

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Du 9 au 15 janvier 2011, les Sudistes votent lors du référendum d’indépendance du Sud-Soudan.

« Nous avons été les esclaves des Arabes. Nous votons aujourd’hui pour notre liberté », déclare Duku John, un Sud-Soudanais.

Après 38 ans de guerre, dans une région ravagé par l’esclavagisme, la population a attendu 55 ans de pouvoir pour exercer son droit à l’autodétermination.

« Nous, les noirs, avons été les esclaves des Arabes, nous voulons maintenant bâtir notre propre pays », lance Duku John.

« Ce vote est la dernière bataille, nous lançons la dernière bombe sur le nord, c’est la fin de l’arabisation, la fin de l’islamisation », plaide-t-il.

Ce scrutin était le point d’orgue de l’accord de paix global ayant mis fin en 2005 à la seconde guerre civile entre le nord, musulman et en grande partie Arabe, et le sud, animiste.

Les habitants s’étaient prononcés pour la sécession du sud, cependant, le conflit a fait plus de deux millions de morts.

William Mawwin, capturé par des esclavagistes, et aujourd’hui libre, raconte son histoire dans « Comment je me suis libéré de sept ans d’esclavage au Soudan ».

« Au Soudan, l’esclavage n’est pas un phénomène récent. Les raids entre tribus, les Arabes soudanais réduisant en esclavage les populations noires du sud pour leur usage personnel ou pour l’exportation, ainsi que le commerce florissant des esclaves de l’Europe du XIXe siècle ont tous joué un rôle tragique dans l’histoire du Soudan.

Mais au XIXe siècle, lors des deux guerres civiles successives au Soudan, les raids esclavagistes menés par les milices Arabes faisaient partie d’une stratégie particulièrement brutale du nord.

Les Murahalin, des Arabes drapés de blancs armés de kalachnikovs, sont venus du nord à cheval, pillant et brulant des villages Dinkas et Nuers, s’emparant de milliers de femmes et d’enfants, déciment les tribus du Soudan du Sud, sans défense face à des armes et à des atrocités soutenues par le gouvernement, viols, esclavage, génocide.

Le fait que la population du nord soit majoritairement musulmane et les peuples tribaux du sud principalement animistes ou chrétiens a crée des divisions religieuses et des fossés culturels. De graves, sinon d’irréversibles conditions à la guerre civile.

Elles étaient accompagnées de facteurs historiques, agricoles et environnementaux complexes incluant la découverte par Chevron d’importantes réserves pétrolifères dans le sud au cours des années 1970, ainsi que l’introduction par le gouvernement soudanais de la charia en 1983.

Après cinquante années de guerre et six ans après la signature de l’accord de paix en 2005, les Sud-Soudanais ont voté lors d’un référendum historique en janvier 2011 la secession avec le Soudan.

Le 9 juillet 2011, la République du Sud-Soudan, gouvernée par le président Salva Kiir Mayardit, est devenue la plus jeune nation souveraine du monde.

Aujourd’hui, le président islamiste du Soudan, Omar el-Bechir, continue de nier l’existence de près de 35 000 Sud-Soudanais encore présents sur sont territoire, et refuse de coopérer avec les représentants du gouvernement Sud-Soudanais qui réclament le retour de ces personnes dans leurs tribus.

Parmi les milliers d’hommes, de femmes et d’enfants Dinkas et Nuers capturés lors des raids des Murahalin soudanais, peu son parvenus à s’échapper et raconter leur histoire. »

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