Reconnaître la schizophrénie ou troubles schizophréniques

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schizophrénie

La schizophrénie est une maladie mentale chronique sévère avec des formes très variées (on parle des schizophrénies).

Le mot schizophrénie signifie « maladie de la scission de l’esprit ». Les troubles débutent entre 15 et 30 ans et évoluent sur la vie entière. De nombreuses hypothèses existent sur ses causes, mais son origine reste inconnue. Aucune n’a confirmé de manière certaine une origine génétique, neurologique, cérébrale, hormonale, innée ou acquise de la schizophrénie.

Les trois hypothèses avancées :

  • La théorie psychanalytique : Le futur schizophrène se vit inconsciemment comme un morceau du corps maternel. Il n’a pu se créer une intériorité, et sa fragilité le rend incapable d’assumer les situations symbolisant la séparation d’avec les parents, le deuil de l’enfance (un examen scolaire, un divorce), la sexualité, la mort (un avortement, la disparition d’un proche).
  • Psychobiologique : L’adolescence est une période de remaniement du programme de maturation du cerveau. De nouvelles connexions neuronales se mettent en place, d’autres disparaissent. Il semblerait que des « accidents » se produisent chez certains ados, qui les rendent inaptes à gérer les situations émotionnellement éprouvantes.
  • La génétique : Le risque d’être schizophrène est multiplié si un proche parent l’est. Pas forcément héréditaire. Peut-être ce parent a-t-il constitué une source de blocage dans le développement de l’enfant, par exemple en lui transmettant ses propres terreurs.

La schizophrénie n’est pas un dédoublement de la personnalité mais une dissociation qui peut se traduire par ce qu’on appelle les troubles du cours de la pensée.

Symptômes

Dans beaucoup de cas, la schizophrénie est précédée par des « états schizoïdes » qui permettent encore à l’individu de mener une vie quasi normale en apparence.

L’entrée dans la maladie se présente par une bouffée délirante aiguë (expérience psychotique transitoire de début brutal), un trouble de l’humeur (épisode dépressif, maniaque ou mixte) ou un passage à l’acte (tentative de suicide, fugue, délit…). La fin de l’épisode aigu n’est pas suivie d’un retour à l’état antérieur. La présence de symptômes dissociatifs, d’éléments délirants ou déficitaires peuvent être le signe d’une entrée dans la schizophrénie.

Souvent, les troubles apparaissent de façon plus progressive et insidieuse. Les symptômes de schizophrénie peuvent être masqués par un trouble des conduites alimentaires (anorexie, boulimie), une toxicomanie, des symptômes dépressifs atypiques ou des troubles obsessionnels et compulsifs.

D’autres signes (fléchissement scolaire ou difficultés professionnelles chez un adulte jeune) peuvent être confondus avec une crise d’adolescence.

Les troubles :

  • Désorganisation ou dissociation : La pensée devient floue, discontinue (diffluence). Le discours est parfois illogique et difficile à suivre. Le langage perd sa fonction de communication. L’expression émotionnelle est sans rapport avec la situation. Le contact peut être froid. On peut constater la présence simultanée de sentiments contraires (ambivalence affective). Cette désorganisation se traduit par une bizarrerie, des sourires immotivés, des conduites qui paraissent étranges voire absurdes. Le comportement ne semble plus toujours dirigé vers un but compréhensible.
  • Délire paranoïde et symptômes dits positifs ou productifs : C’est une perception erronée de la réalité : la personne voit, entend, sent ou ressent des choses qui n’existent pas pour ceux qui l’entourent. Il n’est pas possible de la convaincre de son erreur. Ce délire est flou, mal structuré, non systématisé (les idées délirantes n’ont pas de lien entre elles). Il évolue vers la chronicité, avec des périodes de rémission. Il repose souvent sur des hallucinations acoustico-verbales (entendre des voix) et intrapsychiques avec automatisme mental (impression que la pensée est devinée, commentée ou volée, que des actes ou des pensées sont imposés). Souvent les hallucinations sont repérées indirectement : attitudes d’écoute, suspension de la parole, expression de peur ou de surprise, soliloque (la personne converse avec elle-même à haute voix). D’autres mécanismes délirants (intuition, illusion, interprétation, imagination) peuvent être présents.
  • Les thèmes délirants sont souvent récurrents pour une personne donnée. Ils peuvent être persécutifs, mystiques, mégalomaniaques, d’influence (conviction d’être sous l’emprise d’une force extérieure), hypocondriaques, de référence (la personne attribue à l’environnement une signification particulière ayant trait à elle-même : les émissions de télévision, de radio ou Internet s’adressent à elle par exemple) ou de transformation corporelle. La personne est souvent réticente à exprimer ses convictions délirantes. Cette activité délirante s’accompagne d’une forte angoisse ou bien est vécue dans l’indifférence.
  • Symptômes dits négatifs ou déficitaires : Désinvestissement de la réalité, repli progressif de la personne, diminution des capacités de penser, de parler et d’agir qu’elle avait avant d’être malade, diminution des réactions émotionnelles et des troubles cognitifs (concentration, attention, mémoire et capacités d’abstraction).

Il arrive que le patient lutte instinctivement contre la dépersonnalisation qui le menace. Il s’attache alors à une idée, un concept religieux, un idéal politique, un système philosophique autour duquel il tente de se « rassembler ». 

La prise en charge de ces symptômes de la maladie est possible. Mais, encore faut-il que les patients soient informés sur leur maladie.

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